Dan MV Chiticdanchitic.ro
La péricope du jourLa Troisième République

AccueilLa Roumanie, entre la loi et l’illégalitéDe la presse et de la propagande

17 février 2023

Aujourd’hui, je donnerai des noms

Bien que je ne recule pas devant l’idée d’écrire sur la vilenie et la misère humaine, je le fais rarement en donnant des noms. Aujourd’hui je le ferai.

Pourquoi ? Parce que le protagoniste de la publication d’aujourd’hui fait partie de cette catégorie de personnes qui exhalent l’arrogance et qui, malgré l’élégance ostensiblement étalée, cherchent à vous dominer par leur position sociale, par l’argent dont elles veulent laisser croire qu’elles disposent… et surtout par le fait qu’elles sont « investisseur étranger », cette nouvelle espèce de conquérants devant lesquels nous ne pouvons avoir que de la reconnaissance… et la tête basse.

Eh bien, il n’en est pas tout à fait ainsi… et j’ai le courage, et je considère qu’il est nécessaire, d’accomplir un acte d’hygiène morale publique et d’écrire sur un escroc.

L’escroc dont je vous parle est français. Il s’appelle Jean-Claude Moscovici.

Je sais, le nom paraît connu. Il ne fait que le paraître. En réalité, jusqu’à présent seul son cousin était connu : Pierre Moscovici — ancien parlementaire européen socialiste, ancien ministre des Affaires européennes et ancien ministre de l’Économie, des Finances et du Commerce extérieur dans deux gouvernements de la France, ancien Commissaire européen à l’économie et aux finances, à présent nommé depuis 2020 par Macron Premier président de la Cour des comptes de France. Voilà le cousin le plus connu et, je l’espère, le moins escroc.

Jean-Claude Moscovici, le cousin de l’homme politique français, beaucoup moins connu, est tout de même un homme d’affaires dont le nom a été mentionné dans la presse de Roumanie à propos de certains scandales impliquant sa société ProMobDecor SRL et ses employés. À titre d’exemple seulement, MSNEWS.RO nous apprend que « L’ancien administrateur du fabricant de meubles de Mureș ProMobDecor du village de Nazna (commune de Sâncraiu de Mureș), le Français Alain Vigneau, est jugé pour détournement de fonds en forme continue. » Eh bien, cela ne nous étonne pas… cela paraît être une tradition.

La presse locale nous apprend également que « Le Français Jean Claude Marian Moscovici est entré dans l’attention publique de Mureș en 2005, lorsqu’il a acheté, pour 25 000 euros, le prétendu Château Toldalagi de Corunca, plus exactement les ruines du manoir du début du XIXᵉ siècle, édifié par Toldalagi Ferenc (quatrième comte Toldalagi) à l’emplacement d’un château du XVIIᵉ siècle. Bien qu’il eût dû le restaurer/réhabiliter, Moscovici n’a presque rien fait, l’immeuble étant encore aujourd’hui dans un état totalement compromis, ce qui l’a mis en litige avec l’administration publique de Corunca. En 2019, il a proposé à la vente à l’administration locale les ruines du château pour la somme de 180 000 euros. »

Enfin, je crois à la présomption d’innocence, raison pour laquelle je ne dirai rien de ces dossiers. Je ne dirai rien non plus du dossier de mon client, qui doit récupérer de Moscovici Jean Claude quelque 60 000 euros depuis environ deux ans. Là-dessus, je laisserai la justice dire ce qu’elle doit dire.

Je vous dis seulement que le cousin Jean Claude Moscovici est un ESCROC, et je peux l’affirmer sans doute possible à la suite d’une expérience directe et personnelle avec l’« investisseur français ». Et j’ai le droit de le faire, c’est une appréciation purement personnelle et d’ordre moral, qui n’interfère donc pas avec les dossiers en justice.

En bref : après avoir déposé une demande d’insolvabilité de la société susmentionnée, Jean Claude Moscovici m’a appelé et, après une série de compliments mais aussi de répliques plus tranchantes, bien entendu après avoir tenté aussi de me « corrompre » en proposant une affaire directe entre lui et moi, il a insisté pour que nous procédions à des négociations qui éteindraient immédiatement le litige. Cela m’a paru légitime et même normal, raison pour laquelle j’ai accepté.

Et nous avons convenu d’un commun accord que les négociations auraient lieu sur « terrain neutre », à Paris, les 16 et 17 février. J’ai pris des billets d’avion, décommandé d’autres affaires… et depuis mercredi soir je suis à Paris.

Vous avez probablement déjà deviné le dénouement : non seulement Jean Claude Moscovici n’est pas venu, mais il n’a répondu ni aux appels ni aux messages. Rien. Silence total… ARNAQUE !

Bon, Paris est merveilleux, même en février, j’ai pris le pouls des citoyens aux manifestations contre le recul de l’âge de la retraite, j’ai eu des discussions avec des personnes absolument pertinentes pour notre « travail »… le temps n’a donc pas été tout à fait perdu.

Mais une arnaque reste une arnaque. Et c’est une humiliation que je n’avais pas connue jusqu’à cet âge. C’est une bonne leçon, dont j’aurais tout de même pu me passer.

Mais au-delà de la légitime colère qui me pousse à écrire ces lignes, il faut souligner que cette arnaque seulement en apparence « mineure » dévoile un mépris profond que l’« investisseur » nourrit et exhibe sans honte envers ceux parmi lesquels il vit, envers ceux sur le dos desquels il fait de l’argent. Une arnaque qui démontre que Jean Claude Moscovici nourrit son arrogance de son appartenance à la « caste » des investisseurs étrangers, arrogance qui a probablement pour fonction d’apaiser sa souffrance de n’être pas aussi célèbre que son cousin, le grand homme politique français.

Ce n’est rien, je l’aide gratuitement et bénévolement à devenir connu :

JEAN CLAUDE MOSCOVICI EST UN ESCROC !

Post-scriptum : moins de 15 minutes après cette publication, monsieur Moscovici m’a téléphoné pour s’excuser de ce terrible « malentendu », me disant qu’il n’avait pas compris que j’avais confirmé le rendez-vous… et qu’il n’était donc pas venu à Paris. Mais qu’il est prêt à payer les frais de déplacement ainsi qu’à conclure un accord par l’intermédiaire des avocats qu’il a dans le pays.

Voulant croire en sa bonne foi, j’accepterai ses excuses. Et les dédommagements, bien sûr.

De plus, la publicité est *pro bono*.

Retrouver la publication sur FacebookL’archive Facebook ne conserve pas d’adresses permanentes pour les publications, et cette note n’a pas de photographie à partir de laquelle une adresse pourrait être reconstituée. Le bouton ci-dessus ouvre directement une recherche par une phrase du texte, sur la page de l’auteur.

Lire le texte (en roumain) ›

Thème: La Roumanie, entre la loi et l’illégalité · Sous-thème: De la presse et de la propagande

Commentaires

Dites votre mot. Les commentaires paraissent une fois approuvés.