9 janvier 2022
Des escrocs, des escroqueries et… de la Grande Réinitialisation
Je me suis toujours demandé ce que ressentent les escrocs et comment ils peuvent faire ce qu’ils font avec tant de désinvolture, sans aucun regret, sans aucun remords. En plus de 20 ans de métier d’avocat, j’ai rencontré bien des spécimens de raclures humaines — arnaqueurs par nature ou seulement par opportunité, certains plus doués, d’autres seulement bien entraînés au mal. Mais, je l’avoue, ce n’est qu’en vivant l’expérience « pandémique » de ces 2 dernières années, où j’ai observé comment procèdent au niveau global les grands requins de l’escroquerie, ainsi que les petits poissons sanitaires qui les entourent et opèrent au niveau local, que j’ai réussi à esquisser quelques mécanismes psychiques et comportementaux des escrocs.
L’opportunisme — « Aucune occasion ne doit être manquée ». Un escroc est toujours attentif, toujours « à l’affût » et spéculatif. Toute situation devient une occasion de piquer un « pigeon ». Peu importe dans quel contexte général ou particulier surgit l’occasion : été ou hiver, en temps de paix ou de guerre, que tu sois au bal ou à l’hôpital, à l’église ou au casino, à l’école ou au bordel… partout tu peux devenir le client de l’« escroc » ! L’escroc est là. Il t’attend pour t’aider, même et surtout si tu ne le demandes pas ! Il t’aide quand tu en as besoin, prêt à tout moment à te faire un « bien » !
L’égalité de traitement du « client » : l’égalité des chances — « Tout client est le bienvenu et est promptement servi ». Un escroc ne négligera jamais aucun de ses clients. JAMAIS ! Peu importe la couleur, l’âge, le sexe, la nationalité, la croyance ou l’orientation sexuelle… tout client est le bienvenu. Il ne choisira pas entre ses clients et n’en défavorisera pas certains au profit d’autres. Nullement ! Tous les clients sont traités avec la même attention. Peu importe que le client potentiel lui soit connu, frère ou ami. L’escroc appliquera à tous, sans discrimination, le même traitement, même si ses proches pourront qualifier cette « non-discrimination » de trahison, à un moment donné. L’éthique et la déontologie professionnelle de l’escroc ne lui permettent pas de perdre ou de négliger un client !
L’« esprit » de concurrence — Si ce n’est pas moi, ce sera un autre ! Un véritable escroc ne refusera aucun client pour des considérations morales. Peu importe que ledit client soit veuve, ait 9 enfants ou ait un pied dans la tombe. L’escroc sait que s’il ne dessert pas (cette fois le terme convient vraiment) le client, il se trouvera aussitôt un autre « servant » pour faire son travail. Le marché est plein d’offrants du « bien » ou du « mieux », de sorte que l’escroc ne laissera jamais aucune « peur », aucun « besoin » réel ou imaginaire, aucune « avidité » pleinement insatisfaits !
La qualité et la constance des services : une fois le client « conquis », il est toujours bien servi. Jusqu’au bout. Et le plus souvent, le client est très content des services reçus. Jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’il comprenne, mais alors il est trop tard. Pourtant, jusqu’à la fin, le client n’est jamais négligé. Jamais ! On lui accorde toute l’attention. Jour après jour, seconde après seconde. Le client, la victime, est toujours au centre de l’attention de l’escroc, qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour satisfaire ses besoins. Pour son bien ! Seulement pour son bien.
L’« esprit » d’innovation : un escroc vraiment doué ne spéculera pas seulement sur les peurs et les besoins existants. Ceux-là, ce sont les traîne-savates du coin de la rue ! Nooon… Les Grands Maîtres de l’Escroquerie t’en développent de nouveaux et t’en rendent ensuite dépendant. De nouveaux besoins, de nouvelles peurs, de nouvelles avidités, de nouvelles dépendances… Voilà l’art « royal » de l’escroquerie ! Par exemple, le client ne sait même pas qu’il a besoin d’une maison de 500 m² de plus… ou d’un téléphone qu’il ne saura jamais utiliser même à 30 % de ses capacités… ou de masques qui n’aident personne et ne protègent de rien… ou d’un prêt de « développement » ! Ou d’un « filet de sécurité » ! Ou de substances à s’injecter périodiquement… L’escroquerie, à quelque niveau que ce soit, ne devient « sublime » que lorsqu’elle t’offre un « bien » dont tu ne savais même pas que tu avais besoin… mais sans lequel tu ne peux plus vivre !
La mine. L’escroc aura toujours la figure qui convient au lieu, au moment et au travail. D’abord, l’escroc paraîtra toujours un homme respectable et digne de confiance. Sinon il ne serait pas escroc mais brigand. Ensuite, l’escroc donnera toujours l’apparence d’un spécialiste de premier ordre en tout ; il peut être n’importe quoi : pilote d’avion, expert financier, avocat ou même médecin. Peu importe qu’il n’ait terminé aucune faculté, tant qu’il a « inventé » des programmes et des fenêtres et tant que, des années auparavant, il s’est rendu compte de ce dont nous aurions besoin et de ce qui peut nous « sauver » à l’instant même ! Ou, lorsqu’il peut effectivement justifier par des documents les apparences de sa profession, il deviendra soudain un grand spécialiste. Peu importe que depuis la fin de ses études de médecine il ne soit jamais entré dans un hôpital, ou que, s’il l’a fait, il y soit entré pour faire une « vérification » ou pour « fournir » des équipements. Des noms… je ne sais pas, il ne m’en vient aucun à l’esprit en cet instant ! Mais vous, sûrement, vous pourriez en dire beaucoup !
L’histoire. Un escroc saura toujours quoi dire au client. Vous le savez déjà par le génial « Filantropica » : « La main tendue qui ne raconte pas une histoire ne reçoit rien. » Mais ce n’est pas n’importe quelle histoire que raconte un escroc. C’est L’HISTOIRE qu’il faut ! Il devinera parfaitement ce que le client a besoin d’entendre. Et il le lui dira ! L’histoire est crédible et nécessaire dans la situation du client. Elle vient toujours couronner les attentes ou les besoins pressants du client. L’enfant du client est mort, aucun problème ! Nous communiquons avec l’enfant par le spiritisme. En fait, l’enfant n’est même pas parti, tu ne le vois plus, voilà tout… Tu es en phase terminale d’un cancer ? Banal. On te donne un jus de chou qui « emporte tout d’un coup de main » ! Tu traverses une période pandémique ? Cela se règle : nous faisons des sérums qui n’immunisent pas, n’empêchent pas la transmission, qui donnent des effets indésirables plus certains et plus nombreux que les effets bénéfiques… mais peu importe. C’est pour ton bien, client !
L’escroc est presque toujours malin (sinon même intelligent ou brillant) et charmant, envoûtant. Parfois même beau de corps, mais toujours cynique, sociopathe et, à la fin, sarcastique. C’est l’escroc (le traître) et non le criminel qui porte en ce monde le visage grimaçant de l’Adversaire. C’est pourquoi l’Adversaire est avant tout « le rusé » et non « le méchant », car la méchanceté est visible et repoussante. La ruse, non. Car la ruse est à peine perceptible. Voilà pourquoi c’est « le rusé » qui conduit à la tentation, et non le méchant.
L’escroc est l’adversaire de la Vérité et le père du mensonge, de la désinformation, de la « réalité virtuelle » et de l’« intelligence artificielle ».
L’escroc est l’archétype, le bâtisseur et le maître du monde d’aujourd’hui.
Tout rapport entre ce qui est dit plus haut et des personnes plus ou moins publiques est, bien entendu, fortuit.
Pour finir, je vous dirai seulement que dans le Code pénal « le fait d’induire une personne en erreur en présentant comme vrai un fait mensonger ou comme mensonger un fait vrai, dans le but d’obtenir pour soi ou pour autrui un avantage patrimonial injuste, et s’il en est résulté un préjudice » s’appelle « Escroquerie ».
Si à la place du mot « personne » vous mettez le mot « mondes »… cela ne s’appelle plus « Escroquerie », mais « Grande Réinitialisation ».
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