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1er août 2026

Du chiffre que nous n’avons pas le droit de connaître

Les Britanniques savent que le MI5 compte 5 259 employés. Les Allemands savent que le BND en a environ 6 500. Le Roumain n’a pas le droit de savoir combien d’hommes le gardent de lui-même.

On peut discuter des budgets, car les budgets sont publics. On ne peut pas discuter des hommes, car leur nombre est classifié. Et ce n’est pas là une note de bas de page : c’est le cœur de toute l’affaire.

Dans une démocratie, le citoyen paie et, payant, interroge. Le Britannique sait combien d’hommes compte le MI5 — le chiffre figure dans les rapports. L’Allemand sait combien en a le BND et ce que coûte chacun des services fédéraux, parce que leurs budgets sont publiés dans des documents parlementaires ouverts. Aucun des deux ne paraît, pour autant, moins en sécurité que nous.

Chez nous, nous ne savons ni combien sont employés, ni combien de collaborateurs sont payés, ni combien d’informateurs sont entretenus sur les « dépenses opérationnelles », ni à combien se montent ces dépenses, ni en combien de jours sont brûlées les pièces qui les justifient. Nous ne savons pas davantage combien d’hommes couverts travaillent dans la presse, la justice, les universités et les entreprises publiques — bien qu’un directeur du service ait publiquement reconnu connaître « les problèmes engendrés par certains anciens agents placés soit derrière toutes sortes de gens, soit gravitant autour des entreprises d’État ».

Je ne demande le nom de personne. Je demande un chiffre. Le même chiffre qu’apprend, sans que le monde s’écroule, n’importe quel contribuable britannique ou allemand.

Tant que la réponse demeure « secret de service », toute discussion sur la réforme est une conversation entre sourds.

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