5 octobre 2022
La Securitate est-elle passée du côté du peuple ?
La Roumanie a-t-elle changé depuis hier ?
L’événement national de l’année a été, sans doute pour moi, le discours d’hier du directeur du SRI, Eduard Hellvig. Par sa déclaration, il semble avoir opéré un changement visible du cap des politiques de sécurité nationale, changement fait en prime time, à l’évidence, comme à la marine, pour être vu de loin par l’écrasante majorité de la population de Roumanie, qui a commencé à avoir des convictions souverainistes.
« Dans ce monde, le nationalisme ne devrait pas être seulement l’apanage de discours ou d’approches extrêmes, mais aussi une sorte d’instinct que possèdent également ceux qui ont une pensée démocratique, libérale, et qui ont aujourd’hui la tendance erronée de s’éloigner de sujets comme le patriotisme ou les traditions.
(…) Je crois que le soutien à la démocratie peut coexister avec l’attachement aux valeurs traditionnelles, à la religion, aux éléments de l’identité nationale. »
(…) Je ne crois pas qu’il doive y avoir une séparation si grande entre la fierté nationale et le soutien aux principes démocratiques universels. Grâce à ces principes, les sociétés européennes ont réussi à devenir le modèle de développement auquel aspirent tant de millions de migrants. Et la culture de la fierté nationale ne devrait pas être laissée aux seules approches des extrémistes ou des populistes. À titre d’opinion personnelle, je crois qu’un nationalisme modéré, équilibré, devrait être réassumé, redéfini et recultivé aussi par ceux qui ont une pensée démocratique et équilibrée dans les États occidentaux, y compris dans la Roumanie de demain. »
Bien plus, le Directeur du SRI a abordé aussi des thèmes que je signale depuis de nombreuses, de très nombreuses années, et il a reconnu les péchés non seulement du passé, mais aussi du présent de l’institution qu’il dirige, admettant même qu’il sait qu’il existe dans la société beaucoup de défiance quant au nombre des « couverts » et à leur agenda dans divers secteurs stratégiques, donnant l’assurance que depuis le début de son mandat leur activité se déroule « strictement dans les limites de la loi » :
« Je connais les péchés dont l’institution est accusée, certains réels, d’autres injustement attribués. Je connais aussi les problèmes créés par certains anciens agents du SRI placés soit derrière toutes sortes de gens, soit gravitant autour des entreprises d’État. Je peux vous dire que nous sommes conscients de ces problèmes et que nous ferons tout ce qui dépend de nous pour les résoudre », a déclaré Eduard Hellvig.
(…) « La politique et l’activité de renseignement ne doivent pas se superposer. Trop souvent, cependant, les erreurs du passé affectent aussi le comportement de ceux du présent. Trop d’hommes politiques, dans les décennies précédentes, se sont habitués à recevoir des “indications” ou des “suggestions” sur ce qu’ils avaient à faire. Les hommes politiques sont élus par les gens pour penser avec leur propre tête, investis de leur confiance pour prendre des décisions sur ce que sera la Roumanie de demain, non pas seulement pour éteindre les incendies du présent et appliquer des plans conçus par d’autres. Malgré cela, trop nombreux sont ceux qui veulent que d’autres décident à leur place ; trop nombreux même sont ceux qui s’attendent à recevoir des suggestions des services. Nous ne consoliderons la démocratie que lorsque nous inciterons chaque institution à assumer le mandat qui est le sien, sans abus et sans excès. »
Pourquoi vous ai-je donné toutes ces citations du directeur du SRI Eduard Hellvig ?
Pour que vous voyiez à quel point son changement d’attitude et de direction est significatif par rapport à la position exprimée en 2014, lorsqu’il disait que « Le retour au nationalisme équivaudrait à la fin de l’Union européenne, avec tout ce que cela signifie pour ses citoyens — de l’abolition des frontières et de l’aspiration à une vie meilleure jusqu’aux libertés démocratiques essentielles, en premier lieu celle d’expression. »
Après 8 ans et des dizaines de points de pourcentage de la population ayant basculé de l’étreinte du courant progressiste-globaliste vers le courant souverainiste-conservateur, la position du directeur du SRI et de l’institution semble avoir pivoté… autrement dit, la Securitate, le Système semble être passé du côté du peuple…
En est-il ainsi ? Eh bien, il sera simple de voir s’il ne s’agit que de déclarations politiques/politiciennes ou s’il s’agit vraiment de stratégies de sécurité nationale qui seront réellement mises en œuvre dans l’activité du SRI.
Par exemple, ce serait un bon début si les infiltrés du système dans la presse cessaient d’étiqueter comme « poutinien » et « ennemi du peuple » toute personne qui soutient des politiques souverainistes-conservatrices. Un autre bon pas serait de permettre l’accès aux grands médias, fermés depuis des années à tout individu émettant des opinions contraires au Système et au Globalisme.
En fait, un très bon signe aurait été que les services ne fourrent pas leur queue dans la manifestation de dimanche, qu’ils ne divisent pas les masses de gens, qu’ils ne les dressent pas les uns contre les autres jusqu’au bord de la rixe… oui, cela aurait été un bon signe ! Mais il n’en fut rien. Le Système n’a pu se retenir et a téléguidé les pseudo-dirigeants « souverainistes » de telle sorte que le peuple voie que les « souverainistes » ne sont capables ni d’unité, ni de vision politique, ni de solutions viables pour la Nation… mais seulement de scandale, de cris et de scansions de stade. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas aptes à prendre le pouvoir, les rênes du pays. C’est ce qu’ils ont voulu. Et ils ont réussi ce qu’ils s’étaient proposé : la Securitate a une fois de plus rempli son rôle globaliste et a discrédité pour longtemps non seulement toute idée de protestation et de mouvement de rue, mais aussi celle d’union des forces souverainistes. Certes, elle a eu de la matière… mais l’activité du Système s’est vue en toute transparence dans l’action concertée et dissonante de la frêle opposition parlementaire pour discréditer l’idée de protestation et de mouvement souverainiste.
Oui, jusqu’à hier l’activité du Système est restée visiblement au service des forces progressistes-colonialistes, ce qui se voit aussi dans l’action concertée de la « presse » pour dénigrer ces derniers jours un autre pilier conservateur — le plus important ! — l’Église, par l’avalanche de révélations sur l’implication de certains hommes d’Église dans toutes sortes de scandales sexuels.
Bref, tout cela s’est passé jusqu’à hier…
Mais tout cela était avant le discours d’hier de Hellvig. À partir d’aujourd’hui… tout va changer !
Vraiment ?
En tant qu’avocat, j’ai coutume de donner la prééminence à la présomption de bonne foi, ce que je ferai même dans le cas de monsieur Hellvig, directeur du SRI… Mais cette bonne foi peut et doit être prouvée. Et la première preuve, je l’ai dit, serait la cessation de la persécution et du dénigrement des souverainistes et des conservateurs, mais aussi des hommes de l’Église.
Ensuite, plus compliqué et plus long, il faudrait extraire et ramener « à la caserne » tous les infiltrés de la presse, du monde des affaires et surtout de la justice !!!
Tout aussi important, essentiel même, serait de sortir le SRI et les autres services du processus législatif, car oui, beaucoup, la plupart des lois sont écrites par les hommes du Système.
Pour qu’au bout du compte le geste suprême de normalité soit de mettre les services de renseignement de Roumanie aux standards de l’OTAN, c’est-à-dire de les démilitariser…
Autrement dit, Monsieur Hellvig devrait suivre point par point les dispositions du chapitre IV de #LaLoiDeSouveraineté… celle-là même que les hommes de Monsieur Hellvig ont dénigrée dans la presse et rejetée au Parlement. Mais cela aussi, c’était avant hier.
Et pourtant je veux vraiment croire à la sincérité et à la bonne foi du Directeur du SRI.
Et j’attends de voir :
La Securitate est-elle vraiment passée du côté du peuple ?
Quoi qu’il en soit, nous, ceux de #LaCoalitionPourLaNation, irons #JusquAuBout !
Et quelle que soit l’activité de la Securitate, nous #RendonsLaRoumanieAuxRoumains !
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